Quelle stratégie linguistique adopter pour favoriser le bilinguisme de votre enfant ?

stratégie

A la naissance de notre fille, de nombreuses questions se sont imposées vis-à-vis de la ligne de conduite linguistique à adopter avec elle, en voici quelques-unes :

– Maman parle la langue minoritaire à notre fille, mais elle doit également s’exprimer dans la langue majoritaire avec les autres personnes à l’extérieur. Notre fille s’en rendra compte c’est certain. Est-ce un réel problème ?

– Peut-on alterner les deux langues avec notre fille ?

– Papa qui apprend la langue minoritaire peut-il parler à sa fille dans les deux langues afin d’aider maman à la solliciter un peu plus dans la langue minoritaire?

Et effectivement, lorsque vous vivez dans un pays ou l’un des parents parle la langue minoritaire, et que votre souhait en tant que parents est que votre enfant obtienne dès le plus jeune âge une bonne aptitude à communiquer dans vos deux langues respectives, et ce de manière équilibrée, le choix d’une bonne stratégie devient nécessaire.

Alors, quelle stratégie linguistique allez-vous adopter ? En d’autres termes, en quelle langue allez-vous communiquer avec votre fille ou votre fils ?

Vous trouverez facilement une montagne de conseils sur ce sujet, que ce soit sur internet, dans les livres, ou auprès des gens qui vous entourent.

Mais heureusement il n’existe que deux principales options si vous souhaitez favoriser une bonne maitrise de votre enfant dans une seconde langue.

Quelles sont ces deux options ?

La première approche est dite « OPOL – One Parent One Language », qui signifie un parent, une langue, ou chaque parent utilise sa propre langue maternelle pour communiquer avec son enfant.

La deuxième approche est dite « Une langue à la maison, l’autre à l’extérieur », ou les deux parents parleront la même langue à la maison avec leur enfant et ou l’autre langue sera parlée à l’extérieur. La langue de référence à la maison est souvent la langue minoritaire.

Mais alors, quelle option choisir ?

  1. L’approche OPOL est la plus répandue pour développer le bilinguisme simultané. Elle a largement fait ses preuves et c’est une stratégie qui permet d’obtenir un très bon niveau d’exposition dans les deux langues.
    C’est également la méthode la plus « naturelle » pour les parents puisque chaque parent va parler sa langue maternelle. Cette approche ne nécessite aucune planification particulière. Elle est complétement spontanée pour les parents.
    Cette approche engendre néanmoins la question suivante : en quelle langue les parents vont-ils communiquer entre eux ? Puisqu’effectivement, si le parent parlant la langue minoritaire utilise aussi la langue majoritaire, le besoin pour l’enfant d’utiliser la langue minoritaire sera compromis. La langue minoritaire peut alors devenir qu’une langue passive, c’est-à-dire que l’enfant comprendra la langue mais ne la parlera pas.
  2. L’approche « Une langue à la maison, l’autre à l’extérieur » à l’avantage d’augmenter considérablement le temps d’exposition de l’enfant dans la langue minoritaire, ce qui est particulièrement vrai lorsque le parent qui parle la langue minoritaire n’a qu’un temps limité pour être avec son enfant (horaire de travail, école, etc…).
    L’inconvénient de cette option est que le parent qui parle sa seconde langue à la maison peut se sentir frustré de ne pas communiquer de manière naturelle et spontanée avec son enfant.

Quelle stratégie avons-nous choisi avec notre fille ?

Le choix reste assez simple dans notre cas puisque mon niveau de russe ne me permet pas encore une utilisation permanente avec ma fille.

Nous avons donc décidé d’adopter un mix de l’approche OPOL et de l’approche « Une langue à la maison, l’autre à l’extérieur ».

Comment est-ce possible ?

C’est très simple : ma compagne pratique l’approche OPOL et ne parle que la langue minoritaire (le russe) avec notre fille, tandis que moi je pratique le russe lorsque nous sommes tous les trois réunis et dans certaine situation pour lesquelles je maitrise la langue (le diner ou le bain par exemple), et le français lorsque je suis seul avec Emma.

Pourquoi ce choix ?

Afin de tirer profit au maximum des avantages des deux approches !

Bien sûr cette stratégie n’est pas figée dans le temps. Elle évoluera sûrement suivant mes progrès en russe mais surtout suivant la réaction de notre fille en grandissant. Et oui, il se peut très bien qu’elle me demande de ne lui parler qu’en français, ou même en russe, sait-on jamais ?

L’important est de définir votre stratégie, en accord avec votre environnement et vos particularités.

Alors, quelle stratégie allez-vous ou avez-vous adoptée avec votre enfant?

Catégories : Les petits bilingues

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